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Hallucinations

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mithra04

Description :

Du métal roubre on glissera peu à peu vers la densité amère, puis vers l'Azur vital. De là on se laissera porter jusqu'à l'atmosphère ocre et poussiéreuse qui marque la limite des bases.
Ensuite ? Des grands lacs de liquide, parmi lesquels le fils sera toujours plus fort et antérieur à son père auréolé, on glissera toujours plus en avant vers les cérulaires mornes et lointains...
A la fin du voyage : glacial et obscur se trouve être le riche maître de toutes les âmes passées...
Faire retour en arrière ? Impossible, sauf par la pensée.




NOTE : certains de mes articles sont à prendre au second degré ! ;)

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mithra04

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QUELQUES BRÈVES PENSÉES PERSONNELLES (DEUXIÈME SÉRIE)

QUELQUES BRÈVES PENSÉES PERSONNELLES (DEUXIÈME SÉRIE)
Photo prise à Montpellier le 13 avril 2011.





Le présent n'existe pas.
Il ne faut pas laisser les enfants jouer seuls sans surveillance.


* * *

Le temps n'existe pas.
Ne pas avancer, ne pas reculer : rester immuable pour se protéger.
L'individu parfait est celui qui n'est pas subordonné au changement car tout ce qui est dominé par la transformation est imparfait. Or, si l'on devient meilleur ou pire, on est soumis à la génération et à la corruption et, par conséquent, promis à la mort.
Ne pas voir le temps et l'espace, nier l'âge, nier les conventions temporelles, nier l'amour... Ne pas voir la mort pour mieux nier la vie.

(Creuser tout ceci...)


* * *

^^ Tout n'est pas forcément logique dans un raisonnement, et ce quel qu'il soit. ^^

* * *

Pendant trop de temps j'ai abusé des virgules. Aujourd'hui je les déteste : elles prennent trop d'espace. Dans tous les sens du terme.


* * *

Il nous faut tuer le romantisme par le romantisme : revenir aux sources de la tradition afin de mieux la défaire, comme quiconque remonterait le temps.

* * *

On peut changer le passé en le réécrivant. La fiction fixe les limites de l'impossible et devient la réalité une fois que les vérités qu'elle a répandues sont devenues la seule source – ou bien la norme.

* * *

Notre époque est vraiment surprenante en tous points !
Moi je suis athée et je déteste le rap. Serais-je déjà démodé ?

Bah ! De toute façon j'ai toujours eu horreur d'être à la mode !
Que le monde et ses nouvelles idéologies aillent donc se faire foutre !

* * *


“I hate myself and I want to die”

(Phrase traditionnellement attribuée à Kurt Cobain).

* * *

¡Méteme un dedo en el culo, querido viejón,
Ya que no es un hombre, ese quien no es maricón!


Tentative personnelle d'une contrefaçon en espagnol d'un vers des Sonneti Lussuriosi, V, de Pierre l'Arétin...

* * *



© 2010 & 2012 by Louis Campos.







Louis CAMPOS.



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Tags : présent, temps, vie, mort, logique, raisonnement, espace, romantisme, fiction, réalité, norme, athée, rap, foutre, Kurt Cobain, Pierre l'Arétin, Pietro Aretino, Louis Campos
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#Posté le mercredi 11 janvier 2012 16:47

Modifié le mercredi 11 janvier 2012 18:19

JULIA MARK vs. SOPHIE VON KÜHN

JULIA MARK vs. SOPHIE VON KÜHN
Photo prise à Montpellier le 7 octobre 2011.







Comme tout homme marié qui se respecte, l'écrivain et musicien allemand Ernst Theodor Amadeus Hoffmann s'était éperdument amouraché d'une gamine de treize ans à qui il donnait des leçons de piano, histoire de se faire un peu d'argent, lui qui n'avait presque rien. Cette fille s'appelait Julia Mark et était issue d'une bonne famille de commerçants bourgeois de Bamberg. Bien qu'Hoffmann fût alors âgé de trente-quatre ans, la relation amoureuse ne déplaisait pas à la jeune fille. Seulement, la jalousie de l'épouse légitime et la méfiance, surtout, de la mère de Julia, mirent un terme à cette folle histoire d'amour. La famille Mark fiança la donzelle à un homme de leur rang et E. T. A. Hoffmann se désespéra de voir sa Julia l'oublier si vite dans les bras d'un autre... Ce n'est pas tellement la différence d'âge qui inquiétait la mère Mark, mais plutôt la personnalité étrange et singulière d'un artiste alcoolique, marié et sans le sou. Hoffmann, d'ailleurs, se réfugia de plus en plus dans l'alcool et un jour, se trouvant dans un état éthylique, il alla injurier publiquement Julia Mark et sa mère... avant de s'excuser un peu plus tard ! Tous les détails de l'affaire seraient consignés dans son journal intime, mais celui-ci n'a jamais été traduit en France et n'est même pas publié en Allemagne. Nous devons donc nous contenter des biographies de l'écrivain et des préfaces à ses contes fantastiques, devenus populaires peu de temps après sa mort, survenue dans d'atroces souffrances en 1822.

Tout comme Hoffmann, son compatriote Novalis (de son vrai nom Georg Philipp Friedrich Freiherr von Hardenberg) fut atteint par ce que l'on appelle de nos jours l'hébéphilie, à savoir l'attirance chez un adulte par un individu péripubaire, généralement âgé entre onze et treize ans. Or, c'est par une belle journée de printemps de l'année 1795 que Novalis, alors âgé de vingt-trois ans, tomba follement amoureux de la jeune Sophie von Kühn. Elle avait onze ans selon certaines sources, douze ou même treize selon d'autres. Le c½ur de notre poète romantique s'enflammait à chaque fois qu'il la voyait. Il aimait à la regarder rire, se lisser les cheveux, discuter avec elle durant les longues journées d'été. Sophie, elle, adorait le potage aux herbes, le b½uf et les haricots, ainsi que la bière et le vin. Les deux amants étant issus du même rang social, la baronnie, les parents von Kühn acceptèrent de fiancer leur fille à Friedrich. Mais leur bonheur était trop parfait pour durer. En effet, Sophie tomba gravement malade et s'éteignit le 19 mars 1797, peu de temps avant le mariage promis... L'inconsolable Novalis tint un journal intime entièrement consacré aux souvenirs qu'il avait gardés de Sophie et que l'on peut lire dans le tome 2 de ses ½uvres complètes (chez Gallimard). Il fut même parfois publié séparément. À propos de la disparition tragique de la petite Sophie von Kühn le Belge Maeterlinck écrivait en 1895 : « Souvent dans le regard et le visage d'un enfant, il y a une expression que nous sommes obligés d'appeler surhumaine ou céleste, car elle est d'une beauté trop angélique et trop éthérée ; et d'ordinaire, à la vue de visages ainsi purifiés et presque transparents, la crainte nous vient qu'ils ne soient trop fragiles et trop délicatement façonnés pour cette vie ; que c'est la mort ou l'immortalité qui nous regarde si profondément dans ces yeux éclatants. » J'ai trouvé cette phrase tellement poignante que je l'ai rapportée à la mère de mon fils, une Allemande qui n'avait jamais entendu parler de Novalis. Elle a rétorqué : « À cette époque-là ils avaient tous le cerveau niqué par l'absinthe... » Trop fort. Elle est souvent drôle malgré elle. Ça me rappelle la fois où je lui avais fait part de l'opinion de Sénèque sur la pire façon de mourir. Ce philosophe romain avait écrit dans sa tragédie intitulée Thyeste que la mort la plus tragique est celle d'un homme qui, connu de tous, meurt sans s'être connu lui-même (« Illi mors gravis est qui, notus nimis omnibus, ignotus moritur sibi »). Elle avait répondu tout simplement : « Bah ! C'est bien une phrase de philosophe, ça ! ». J'adore son côté beauf. Bref... Novalis, quant à lui, pensa peut-être au suicide, mais il se ravisa et se fiança une deuxième fois. Le fait est qu'il mourut également de maladie, le 25 mars 1801, alors qu'il s'apprêtait à fêter ses vingt-neuf ans. Il n'eut donc jamais le bonheur de « goûter aux joies du mariage », comme on disait en ce temps-là...

Peut-on tout se permettre en amour ? Selon moi il faut surtout rester conscient que la mort guette et que la vie peut parfois être courte. Mais, en fin de compte, rien n'est plus compliqué qu'une relation amoureuse. Les mésaventures d'Hoffmann et de Novalis le prouvent à merveille !

Qu'en pensez-vous ?




© 2010 & 2012 by Louis Campos.




BIBLIOGRAPHIE :
* E. T. A. Hoffmann, Contes. Fantaisies à la manière de Callot, tirées du Journal d'un voyageur enthousiaste, 1808-1815. Préface de Claude Roy. Traductions d'Henri Egmont, Alzir Hella, Olivier Bournac, Madeleine Laval, André Espiau de La Maëstre. Édition d'Albert Béguin. Collection "Folio Classique", Éditions Gallimard, 1997 (Les Libraires Associés, 1964, pour la traduction française et pour la vie et l'½uvre d'E.T.A. Hoffmann ; Claude Roy, 1969, pour la préface ; 1er dépôt légal dans la collection : novembre 1979).
* Hoffmann, Contes fantastiques 1. Traduction de Loève-Veimars. Chronologie, introduction, notice et notes par José Lambert. GF-Flammarion, 2007 (Garnier-Flammarion, 1979).
* Hoffmann, Contes fantastiques 2. Traduction de Loève-Veimars. Chronologie, introduction, notice et notes de José Lambert. GF-Flammarion, 1992 (Garnier-Flammarion, Paris, 1980).
* Hoffmann, Contes fantastiques 3. Traduction de Loève-Veimars. Chronologie, introduction, bibliographie, notices et notes de José Lambert. GF-Flammarion, 1982 (Flammarion, Paris, 1982).
* Novalis, Fragments, précédé de Les Disciples à Saïs. Traduit de l'allemand par Maurice Maeterlinck. Préface de Paul Gorceix. Suivi de Introduction à la poésie symboliste par Paul Gorceix. Collection "En lisant en écrivant", Librairie José Corti, 2003 (1ère parution dans cette édition : 1972).
* Novalis, ¼uvres complètes I. Romans – Poésies – Essais. Édition établie, traduite et présentée par Armel Guerne. Collection "Du monde entier", NRF, Gallimard, 2004 (1ère édition : 1975).
* Novalis, ¼uvres complètes II. Les Fragments. Édition établie, traduite et présentée par Armel Guerne. Collection "Du monde entier", NRF, Gallimard, 2004 (1ère édition : 1975).
* Théâtre complet des Latins, comprenant Plaute, Térence et Sénèque le tragique. [Édition bilingue] avec la traduction en français, publié[e] sous la direction de M. Nisard. Paris, J. J. Dubrochet et Compagnie, Éditeurs, 1844.

BIBLIOGRAPHIE COMPLÉMENTAIRE :
* E. T. A. Hoffmann, Intégrale des contes et récits, en 14 volumes. Sous la direction d'Albert Béguin et Madeleine Laval. Éditions Phébus, Paris, 1979-1988. Six volumes seulement ont été réédités, dans la collection "Libretto", Éditons Phébus, Paris, en 2004. Je ne possède que les six volumes réédités.
* Hoffman, Le Chat Murr. Première traduction intégrale par Albert Béguin. Collection "L'Imaginaire", Éditions Gallimard, 2004 (1ère édition : 1943 ; 1er dépôt légal dans la collection : 1980).
* E. T. A. Hoffmann, Tableaux nocturnes I. Présentation, traduction et notes de Philippe Forget. Imprimerie nationale Éditions, 1999.
* E. T. A. Hoffman, Tableaux nocturnes II. Présentation, traduction et notes de Philippe Forget. Imprimerie nationale Éditions, 2002.
* E. T. A. Hoffmann, S½ur Monika. Texte français traduit par Madeleine Laval. Suivi de Un éros mystérieux, par André Pieyre de Mandiargues. Collection "Lectures amoureuses de Jean-Jacques Pauvert", Éditions La Musardine, Paris, 1997 (Éditions Phébus, Paris, 1984, pour la traduction française).
* Novalis, Henri d'Ofterdingen/Heinrich von Ofterdingen. Traduit et préfacé par Marcel Camus. Collection "Bilingue", Aubier, 1988 (1ère édition : 1942).
* Sénèque, Tragédies. Tome 2. Texte traduit par Léon Herrmann. Collection des Universités de France (C.U.F.) publiée sous le patronage de l'Association Guillaume Budé. Paris, Société d'Édition "Les Belles Lettres", 1927 (traduction).
* Sénèque, Tragédies. Texte établi par François-Régis Chaumarin. Emendé, présenté et traduit par Olivier Sers. Collection "Classiques en poche", Les Belles Lettres, 2011.

QUELQUES LIENS SUR INTERNET :
* http://fr.wikisource.org/wiki/Accueil
* http://gallica.bnf.fr/
* http://books.google.com/
* http://www.archive.org/
* http://remacle.org/





Louis CAMPOS.





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Tags : E. T. A. Hoffmann, Julia Mark, Novalis, Sophie von Kühn, Maurice Maeterlinck, Sénèque, Louis Campos
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#Posté le mercredi 11 janvier 2012 15:52

Modifié le mercredi 11 janvier 2012 18:20

UN SOIR BANAL À PICPUS

UN SOIR BANAL À PICPUS
Photo prise à Montpellier le 18 juin 2011.






La jeune fille rentre chez elle. Belle, blonde, élancée, elle porte une queue de cheval et une tenue plutôt sportive et décontractée. Sa démarche est sûre mais preste. C'est un soir comme un autre, se dit-elle, sans y penser... Elle ne sait rien. Ah ! ce que Paris peut être moche en automne. Y compris dans ce beau quartier de Picpus.

Quelqu'un observe la jeune fille depuis déjà plusieurs minutes. Qui est cet individu ? Est-ce une femme ou un homme ? Que lui veut cette personne ? Pour l'instant, la jeune fille ne sait rien. Le mystérieux individu se lève de sa table de bistrot et commence à suivre la fille blonde à queue de cheval. Celle-ci porte les clefs de sa maison autour du cou. C'est comme d'habitude, se dit-elle, toujours sans y penser. Elle ne connaît rien.

La jeune fille est amoureuse depuis quelques temps. D'un garçon de sa classe un peu fanfaron sur les bords, mais beau et con : le type parfait, quoi. Toutefois, même chauffée par ses copines, la lycéenne n'a pas encore osé lui souffler mot de son amour. Il ne sait rien.

Elle continue sa marche rapide vers son domicile. Ses parents ne sont pas encore rentrés. A dix-neuf heures elle ira chercher son petit frère et sa petite s½ur à l'école primaire, après l'étude, mais pour l'instant elle n'y pense pas. Elle écoute Big Bill Broonzy dans son walkman. Un 16 Go de couleur blanche. Ça fait plus féminin, se dit-elle. Elle ne comprend rien.

La jeune fille arrive enfin devant la lourde porte de sa demeure, qu'elle finit par ouvrir. Comme d'habitude. La personne qui la suit arrive au niveau de l'adolescente. Il s'agit d'une femme, la cinquantaine éclatante, brune, les cheveux frisés, un peu potelée. Elle a un regard dangereux et décidé. La fille blonde à queue de cheval se trouve actuellement à l'intérieur de l'immeuble. La quinquagénaire l'attrape par l'épaule. La lourde porte vient de se refermer avec fracas sur les deux femmes.

L'adolescente sursaute. Mais soudain, en la quinquagénaire elle reconnaît sa mère, qui lui sourit et qui lui dit : "Tu as bien fait de me parler de ce garçon de ta classe, celui dont tu es amoureuse : en effet, il est bon ! Désolée pour toi, ma chérie, mais tu dois à présent l'oublier : j'ai fini par le manger." Tout comme les précédents...


© 2011 by Louis Campos.



Voyez ICI



Louis CAMPOS.



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#Posté le samedi 31 décembre 2011 15:20

Modifié le dimanche 08 janvier 2012 14:29

HIÉROS LOGOS RECONSTITUTION PERSONNELLE D'UN POÈME ORPHIQUE

HIÉROS LOGOS RECONSTITUTION PERSONNELLE D'UN POÈME ORPHIQUE
Photo prise à Montpellier le 25 mai 2010.






À l'entrée de la demeure des morts
Tu te dirigeras vers l'imposant royaume d'Hadès.
Tu y verras sur la droite une source
Et tout près d'elle un blanc cyprès
Où les âmes des défunts viennent se rafraîchir.
Ne t'approche pas de ces lieux.
En face tu trouveras l'eau fraîche qui jaillit
Du lac de Mnémosyne. Des gardiens la protègent.
Ils te demanderont pourquoi tu viens vers eux.

Dis-leur : « je suis fils de Gaïa et d'Ouranos ;
De Lui je viens, sachez-le bien. La soif me consume
Et mon âme se meurt. Donnez-moi vite l'eau fraîche
Qui jaillit du lac de la Mémoire !
Je veux me joindre à la Race bienheureuse des Dieux Immortels
Bien que le Sort et l'éclair cinglant de Zeus m'aient accablé.
J'ai acquitté ma dette pour les actes injustes
Imposés par la Moire et l'éclair de la Foudre.
À présent, je supplie la juste Perséphone
En sa bonté, de m'accueillir dans la demeure des Purs.
Je me suis échappé du cycle des souffrances
Pour me plonger dans le sein de la Reine des Enfers
Et y atteindre la Couronne si désirée des mortels. »

Les gardiens auront pitié de toi et ils te diront :
« Fils de la vaste Terre et du Ciel étoilé,
Dès que ton âme a quitté la lumière d'Hélios
Elle a pénétré le lieu secret de toutes choses.
Sois heureux, toi qui as subi les épreuves,
Mais il en est une que tu n'as pas connue :
Né mortel, tu es devenu un dieu,
Tel un chevreau tombé dans le lait.
Au nom d'Hadès régnant sous terre
Bois donc à la fontaine de Mnémosyne.
Bienheureux désormais, toi qui peux par le chemin de droite
Aller vers les prairies sacrées et les bosquets de Perséphone ;
Et sur la Voie Sacrée tu rejoindras la gloire
Des autres initiés d'Orphée ! »





Louis CAMPOS.





Bon, d'accord, ce n'est presque que du recopiage à peine retouché ! :D Mais je pense avoir condensé tout le sens des divers messages contenus dans les feuilles d'or retrouvées dans les tombes des initiés de l'orphisme. J'ai laissé de côté les Divinités que je connais mal (Astré, Euclès, Euboulos), car je tiens à bien comprendre ce que je rapporte ou ce que je compose. De même, j'ai remplacé Dionysos par Orphée – que le Divin Bacchus me pardonne ! -, tout simplement pour souligner que ce "hiéros logos" (discours sacré) est avant tout un hymne orphique. Les enseignements de cette religion antique étant un culte à mystères réservé aux seuls initiés, tout comme celui d'Éleusis ou encore celui de Mithra, beaucoup de passages restent pour nous assez obscurs. Par exemple, pourquoi les deux sources ? Pourquoi la présence d'un cyprès blanc ? Pourquoi faut-il éviter la première source pour se diriger vers la seconde, suprême épreuve ? Pourquoi se trouve-t-elle à droite et non à gauche ? (Je vous rappelle que l'orphisme était un très ancien culte grec et que tous les hymnes et autres discours sacrés étaient écrits en grec uniquement, et ce même quand ils le furent sous l'Empire romain. On peut donc rejeter le sens péjoratif du terme latin "sinister, -tra, -trum" (gauche), qui a donné le mot français "sinistre", cette superstition relevant de l'histoire et des traditions exclusivement romaines et non grecques). Comme l'écrit le traducteur, Jacques Lacarrière, non sans humour dans sa préface, « est-il besoin d'ajouter que [mes] commentaires ne peuvent répondre à toutes les questions posées par ces poèmes et que beaucoup de points demeurent pour moi obscurs aujourd'hui encore ou même incompréhensibles ? Soyons franc : rares sont les traducteurs qui avouent honnêtement qu'ils n'ont pas toujours compris ce qu'ils traduisent. C'est le cas ici pour quelques passages que je signalerai en note pour que l'on sache jusqu'où en l'occurrence va ma propre initiation aux mystères orphiques. » Par ailleurs, j'adorerais faire inscrire ce poème sur la tombe de mon grand-père...

SOURCE : Orphée, Hymnes & Discours sacrés. Présentation, traduction et notes par Jacques Lacarrière. Collection « La Salamandre », Imprimerie nationale Éditions, 1995. – Édition bilingue (Garamont corps 12 relié toile sous jaquette, exemplaire N° 035 sur 450).




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#Posté le lundi 31 mai 2010 19:49

Modifié le samedi 31 décembre 2011 14:49

COMPLAINTE POUR LE SOCIOPATHE QUE JE SUIS (LETTRE OUVERTE À LESBIA)

COMPLAINTE POUR LE SOCIOPATHE QUE JE SUIS (LETTRE OUVERTE À LESBIA)
Photo prise à Montpellier le 14 janvier 2010.






Salut Lesbia,

Je sors de ma torpeur hibernale pour te donner de mes nouvelles. Je mentirais si je te disais que tout va bien, au contraire ! J'ai l'impression de fuir ma vie. Je me blottis à l'intérieur du labyrinthe gorgien, comme qui dirait : "Je me suis retiré du siècle". Je n'écris plus, je ne me vante plus, je ne critique plus : je dors. Dans l'une de mes pages persos j'ai dit : "Je fuis ma vie". Ça résume assez bien ma situation actuelle.

Je suis désolé si tu prends mal mes périodes de silence. Pourtant, je t'avais en quelque sorte averti : quand je ne dis mot, je consens. De plus, je t'aime encore. Je ne mentais pas quand je t'affirmais que lorsque je voulais rompre avec une fille je le lui disais ouvertement et sans détours. Et, comme tu as pu t'en apercevoir, je n'ai rien fait... Je pense souvent à toi et j'espère te revoir de nouveau à Montpellier.

Ne m'en veux pas d'être ce que je suis, à savoir un fantôme traversant mon époque, en m'excusant presque de n'être pas plus loin... (cf. Brel). Ma place est de ne pas avoir de place, ma vie est de ne pas avoir de vie (cf. Rûmî). Il n'y a aucun cynisme dans ce que j'écris : je suis peut-être un schizophrène introverti, un sociopathe moitié-encolpe, moitié-eumolpe. Nul paradoxe dans ma situation !

Désolé, donc (γὰρ), de ne pas t'avoir donné plus tôt de mes nouvelles, mais durant l'hiver j'hiberne ! Je me demande d'ailleurs si je ne suis pas un maniaco-dépressif cyclique... Il y a des symptômes qui ne trompent pas, comme par exemple, mon incapacité à concevoir l'espace et le temps. Les astrophysiciens me donnent raison (Hawking, Rovelli, Greene), mais pas le vulgaire. Il faudra donc que je consulte...

Les choses paraissent simples quand elles sont compliquées. Je ne suis pas celui que je suis tout en l'étant. Mais que sont l'être et le non-être ? Gorgias n'a-t-il pas démontré l'invalidité de ces deux notions (Περὶ τοῦ μὴ ὄντος ἢ Περὶ φύσεως), malheureusement présentes dans notre langage ? (Mais qu'est donc le langage si ce n'est le reflet d'une société dans son ensemble ?) Bah ! Je parle, donc je suis (loquor, ergo sum) [Moi commentant Lacan en train de commenter Descartes...]. Mais je dis ce que je ne suis pas. Comment pourrais-je exprimer ce que je suis réellement ? Est-ce que les gens me comprendront ? Et est-ce que je suis réellement ?

Lorsque j'avais quatre ou cinq ans, j'étais persuadé que j'étais le seul être existant et que les personnes qui m'entouraient n'étaient que le fruit d'un rêve, de mon imagination... Mais (Ἐν γὰρ) comme il faut raisonnablement concevoir à la fois le tout et son contraire, je me demande à présent si mon existence, telle qu'elle se manifeste dans ma vie quotidienne, n'est pas due à la volonté aveugle et onirique de notre société. Trouverais-je donc un jour les outils linguistiques qui me permettront d'être oralement honnête envers moi-même et les autres ? "Trouver une langue", comme disait l'autre... Je sais que je cite sans cesse Rimbaud, mais c'est parce que je n'ai pas encore trouvé la réponse aux problèmes concrets qu'il a soulevés. Lui-même n'a jamais pénétré ses propres mystères, d'ailleurs...

Le meilleur type de langage doit avoir une structure agglutinante et ergative... je suppose... et exprimant le faux pour faire ressortir le vrai. (Rien ne produit mieux que le paradoxe). Ne jamais faire appel aux langues à structure flexionnelle, qui ne reproduisent que du faux à l'infini ! Zamenhof s'est trompé : il était grammairien et non linguiste !

Rimbaud lui-même s'est peut-être également trompé ! Et si l'inconnu, tant vanté par lui, n'existait pas ? Et si tout n'était que la matérialisation d'une certaine perception de la réalité ? (cf. Jodorowsky). En effet, il y a autant de religions qu'il y a de peuples, autant de partis politiques qu'il y a de démocraties, et autant d'idées qu'il y a d'individus (cf. Voltaire, Sade). En somme, rien n'est vrai mais tout est réel. Comme tu le sais, je ne crois pas réellement en une divinité quelconque. Or, un jour, lorsque j'avais neuf ans et que je réfléchissais sur ce qui m'entourait, je m'étais soudainement senti paralysé en pleine rue Jean Jaurès, observant la foule qui passait, et je m'étais dit, dans un flash qui soudain me traversait l'esprit (νοῦς) : "Alors, si Dieu n'existe pas, nous sommes tous livrés à ces nuls ?". Une véritable révélation, ou le Chemin de Damas à l'envers, si tu préfères...
Toutefois, je n'ai jamais prétendu survoler mon temps ! Je le devance d'environ six mois, ce qui est déjà pas mal, compte tenu de ma complète ignorance en économie, par exemple...

Mais tu verras, Lesbia, je serai bien différent lorsque tu reviendras ! ;) En effet, je peux être Protée en personne... si je le souhaite ! :)

Et toi, comment vas-tu ? Que veux-tu ? Que recherches-tu ? Es-tu capable de répondre à ces questions, qui paraissent simples mais qui sont, en fait, équivoques et compliquées ? La vie est opaque et les apories sont ineffables ! Le mieux est peut-être de s'en amuser, comme le faisait le vieil Aristote ! ;)




Louis CAMPOS.



Quelques pages de mon blog qui vont à peu près dans le même sens... _ _ _ _

***Une chanson que j'adore écouter en ce moment***

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#Posté le mardi 13 avril 2010 12:37

Modifié le samedi 31 décembre 2011 15:37

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